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Lanzarote 2008...et la poésie de Daniel...

Daniel vient de poster de superbes vues de Lanzarote...merci à lui...Et on clique ICI ! pour la galerie...

et donc voici le compte rendu de Daniel Gross tant attendu.... dans lire la suite....oui oui là sur le petit bouton...Lire la suite....où ? mais là...en-bas à droite !!!! Lanzarote 2008

C’est depuis que les vaudois m’ont parlé de cette île magique où c’est toujours l’été que je rêve de pouvoir interrompre le trop long hiver par un vol de printemps avant l’heure. L’année passée Vincent et Laurent avaient goûté à deux semaines de vol intensif, de quoi aiguiser cette envie… Lorsqu’ils m’annoncent qu’ils remettent le couvert, je ne peux me retenir et décide de les accompagner.

Quelques heures après notre arrivée, on se paie le luxe d’un vol du soir en soaring sur le site de Macher. De tous les sites c'est le moins intéressant. La zone de vol est petite et le vent qui l'alimente souvent turbulent. Mais ce soir là c'est le bonheur. Je découvre cette île volcanique avec des yeux émerveillés. Partout à l'horizon c'est l'océan. Et sous nos ailes, une terre aux milles contrastes.
Un autre avantage de ce site, c'est qu'il offre la meilleure zone pour le top Landing. On repose donc en haut, le temps de souffler, de réaliser, de fumer une petite clope, et de redécoller dans les rayons du soleil couchant.

Y a pas à dire, j'ai bien fait de venir ! L'organisation de Dietrich (Sail & Fly) est parfaite. Deux apparts en bord de mer dans la crique de Famara, deux voitures avec porte bagages, tout ça pour quatre, c'est cool ! Le jour suivant, de nouveau Macher. Cette fois je préfère rester au sol. Laurent lui décolle et s'amuse. Lorsqu'il pause, Vincent se glisse dans son harnais pour essayer cette aile d'un autre temps (Pamir) mais terriblement efficace dans les canaries. Il décolle et zérote avec peine devant le déco, perd de précieux mettres et se dirige vers l'atterro en contrebas. Laurent s'énerve un peu, il aurait bien voulu refaire quelques vols, mais Vincent enroule une pompe à 50m/sol. C'est qu'il grimpe à nouveau jusqu'à notre hauteur ! Mais déporter par le vent, il ne parviendra pas à revenir et poser au déco.

Le jour d'après : nouveau site : Mala. Ce site est déjà plus vaste que celui de Macher, offre aussi une bonne zone de top landing, mais plus court et entre des cailloux qui dépassent rarement la taille d'un ballon de volley. Aujourd'hui le ciel est chargé, l'atmosphère instable, et les thermiques semblent généreux. Dietrich me dit que par des conditions pareilles, le saut jusqu'à la côte est (on est sur celle de l'ouest), en d'autres mots la plage de Famara, est envisageable. Après avoir écouté ses conseils pour le décollage, je prends mon envol. Du thermo dynamique. A mon habitude, je prends d'abord confiance aux abords du déco où ça zérote parfaitement. Puis me laisse déporter sur la bosse qui est à gauche et où ça déclenche. Les paysages sont magnifiques mais je reste très pris par le pilotage. Reprendre confiance en mon aile, apprivoiser ce vent, retrouver l'art du pilotage détendu, surfer la vague qui se forme sur la crête. Je dois aussi trouver mes marques visuelles. Les perspectives sont très différentes des nôtres. Enfin j'enroule et gagne une bonne marge pour me lancer plus avant sur le vaste plateau de terre rouge qui monte en pente douce jusqu'à l'arrête de Famara. Des faucons me tiennent compagnie et après un cinquantaine de minutes je repose. De quoi partager la magie du moment avec les autres volatiles, voir Laurent jouer à "Vittorio" en multipliant les variantes du toutch-and-go, et laisser pousser le sourire sur mon visage. Je redécolle pour un nouveau vol plaisir. Cette fois, je gagne de la hauteur et me dirige vers la plage, histoire de voir ma pénétration dans l'air et tâter le thermique "de plaine". Cette fois je déguste les paysages, l'océan me captive. Je retourne vers le déco après avoir survolé l'attéro du bas, regagne de la hauteur et recommence le petit tour. Mais cette fois les thermiques se sont éteints. J'ai beau me tenir à la hauteur du déco, je n'arrive pas à gagner plus de 20 mètres. Après 30 min. de plaisir à essayer de gagner les quelques mètres de marge qu'il me manque, je pose en bas et m'évite le portage de l'aile... (Il faut porter son aile le long d'un barrage qui sépare le parking du déco). Le sourire ne se déscotche plus.

Le jour suivant, nouveau site. Le vent tourne gentiment. Alors qu'il était sud-est le premier jour, nord est le deuxième, aujourd'hui il est nord. Ce qui signifie El Cuchillo. Ce site est le plus impressionnant et le plus sauvage. C'est une sorte de vague de pierre séparant deux plateaux de hauteur différente. Après avoir bletzé les fentes du milar de mon bord d'attaque avec une sorte de silicone en tube, Vincent m'aide à me présenter au déco. Le vent est violent. Sans incidence, il appuie fort sur l'aile et j'ai une très grande surface. Si je lève un peu le nez, mon aile s'arrache du sol et moi avec. Vincent lâche les câbles, je commence à le lever, millimètre par milimètre, quand elle se fait sucer d'un coup ! Je ne pèse plus que quelques grammes et elle m'entraîne sur la droite. Je la suis en la tenant par la speed barre, tente de la poser au sol. Lorsque sur ma gauche les câbles ne risquent plus de se prendre à la manche à air qui était il y a quelques secondes à ma droite, je cours deux pas et m'envole. Le dynamique permet de gagner suffisamment de hauteur pour enrouler les thermiques sans souci. Je passe ainsi près de deux heures à soarer, gagner huit cent mettres, revenir sur la vague et m'émerveiller à toutes ces différentes hauteurs. Vincent survole différents cratères. L'atterrissage au pied du déco est un régal.

Viennent ensuite deux jours de nord-ouest, le bon vent pour Famara, site phare de l'île. Les décos sont à l'extrémité sud d'une falaise de 60 km qui s'étend jusqu'à l'extrémité nord de l'île. C'est mon jour de Famara et je reste impressionné par mon dernier décollage. Le vent à beau être soutenu, il n'est pas vraiment constant. En plus avec ma très grande surface, je suis particulièrement exposé à ses petits caprices. Toujours est-il que je monte mon aile tout en restant attentif à ce qui m'entoure. Vincent et Laurent décollent. Ila sont partis pour une bonne heure de plaisir. Quand à moi, je demeure sceptique. Les très gros nuages qui coiffent l'arrête et la pluie qui tombe dans l'océan ne me disent rien de bon, à part le magnifique arc-en-ciel qui en surgit. Je replie donc après avoir assisté quelques anglais spécialisés dans le tirage de câbles, et descend la voiture jusqu'à la plage où m'attendent les heureux.

Le fait de n'avoir pas volé me laisse suffisamment de force pour tâter la vie nocturne de cette partie de l'île. Je suis loin de m'attendre à ce que me réserve cette aventure qui finira à 5h30 du mat... Du coup je me retrouve hors coup le lendemain. Le soleil est au rendez-vous, les plafonds sont hauts, la visibilité incroyable, et tout ça à Famara ! (le vent d'ouest qui alimente ce site est normalement chargé de nuages) Mais je ne sais pas encore que c'est un des derniers jours volables de notre séjour. Je passe mon temps dans une petite cavité, juste sous le déco, d'où je peux prendre des photos et observer mes volatiles compères. Cela va sans dire, ils font de magnifiques allés retour sur la falaise de Famara.

Le jour suivant semble propice à Mala. On constate que le site n'est pas dans son meilleur jour. Qu'on peut voler, mais pas forcément prendre de la hauteur. Nos pieds nous garantissent un gain de plusieurs centaines de mètres... on choisit donc cette option. Le jour suivant de nouveau Mala. Le dynamique est généreux, les thermiques vaste et confortables. Je reprends d'abord confiance puis un parfait plaisir. ça y est, j'ai retrouvé l'art du pilotage détendu sous mon Xtra-lite. Deux vols de plus d'une heure avec un plafond à 600 mètres... Le paradis, bien que je finisse par poser en bas...

Suivrons de longs jours de vent du sud, chaud et chargé de sable du Sahara. On en profite pour visiter cette île merveilleuse, et je m'offre même le luxe d'un jour de glandouille à l'appart. Le jour de notre départ s'approche fatalement et fait monter la pression. J'ai déjà eu de très beaux vols, mais pourquoi faut-il qu'à chaque fois que je suis affûté et prêt pour de grands vols il fait mauvais ????

Le dernier jour est là. ça faisait 6 jours que nous rampions sur la terre volcanique. La baignade du matin nous offre un spectacle bien agréable : deux parapentes sont haut sur le déco de Famara. Cette fois je ne laisserai pas passer l'occasion. A peine arrivé au déco que je suis déjà prêt. Je fume ma clope habituelle en sentant bien le rythme et la force du vent. Sur l'océan, les cums se forment à la hauteur de l'arrête de la falaise. Mais entre la falaise et le déco, il y a déjà assez à faire. Je m'accroche quand Dietrich arrive à bord de son 4*4, j'hésite un moment et me décide à aller lui demander quelques conseils. Tout s'annonce bien. Laurent est d'accord de m'accompagner jusqu'au déco au cas où je me ferais malmener par le vent. Lorsqu'il passe derrière mon aile je ne m'attarde pas et décolle.

Tout de suite du gain ! J'enroule les thermiques et me promène sur le plateau. Bientôt mon GPS s'éteint et je sais que ce sera bientôt le tour du vario. Entre-temps Laurent et Vincent ont décollé. Je les suis en direction de la falaise, mais Vincent rentre très bas et se vache. ça me refroidit. Voilà bientôt une heure que je vole, je ne veux pas m'arrêter là. Mon vario s'éteint. Je suis prêt à me vacher, bien que je veuille continuer. J'enroule donc au feeling, sans relief à ma hauteur pour me garantir que ne suis pas en train d'enrouler une dégueulante... Et ça marche ! Je reste donc sous mes amis les nuages avec un nouveau compagnon : le silence. Le bip-biiiip du vario a beau être utile, il parasite quand-même le vol et me casse vite les c.... Non, c'est pas un rêve, j'ai bel et bien retrouvé le feeling avec mon aile. Je me lance donc à l'assaut de la falaise. La première partie de celle-ci bénéficie de la présence de la plage (l'attero) en contre-bas et je n'y ai donc pas peur du tout. Lorsque je tourne, je me rends compte que 5 deltas me suivent. Je n'ai pas perdu un mettre et retourne sur le déco. Le long de la falaise est en soaring, alors qu'aux abords du déco, c'est du thermique. C'est aller-retour me donne vraiment confiance en moi. Je n'ai pas besoin du vario.

Je retourne sur la falaise. Cette fois, au point de virage, je vois arriver un delta. Bien qu'il soit un peu bas, je tente d'allonger mon vol. Il n'y a plus sous mon aile que l'océan. La falaise y tombe à pic et les nuages restent à la hauteur de la crête. Aucun terrain d'atterrissage possible ! Mais quelle vue ! à ma droite cette falaise rouge habitée par les mouettes et à ma gauche l'océan, ses cums, et leurs reflets. En face, l'île de Graciosa. Je fais ainsi une bonne 20ène de kils, sans perdre un mettre. Qu'en sera-t-il du retour ??? Je décide donc de tourner avant d'attaquer le dernier bout de l'île. ça fait deux heures que je vole. Le retour est aussi parfait que l'aller. Je ne perds pas un mètre et c'est tout doux ! Cette fois je ne retourne pas jusqu'au déco, mais retourne vers l'océan !

Me revoilà à mon dernier point de virage. S'y j'y avais tourné la dernière fois c'est que de cet endroit, la falaise s'affaisse et devient une sorte de colline allongée. De là où je suis, la suite est 200m plus basse. Arriverais-je à faire l'aller-retour ??? Le vent tient-il encore là-bas ? le changement d'orientation de la falaise est-il mauvais ? Je pense déjà laisser ces derniers 20 kils pour mon prochain séjour quand je vois arriver un delta. Plutôt bas mais bon, il préfère peut-être voler à cette hauteur, puisque je doit souvent accélérer pour ne pas entrer dans le nuage. J'y vais ! En plus ici la vache est de nouveau possible bien que dans ce cas je doive porter mon aile plus de deux heures avant de trouver une route...

C'est le pied géant. Plus de falaise abrupte à ma droite, mais toute cette pointe d'île. ça tient mieux que je ne l'aurais espéré. En bas, tous les touristes me font signe de la main. Au mirador del sol, je pique sur eux, et fais un virage séré. Je n'ai rien raté du visage souriant de la blonde qui à finit par prendre peur et fuir en courant lorsque j'arrivais. Je me retourne, c'est bon, ils ont tous le sourire et moi je continue mon vol, reprends sans peine de la hauteur et m'en retourne. Espérons qu'à la hauteur de la falaise je sois de nouveau sous les nuages... Je me vois mal partir pour 20 kils sur l'océan sans avoir la hauteur suffisante. Arrivé là, je dois tirer sur la speed bare pour me sortir du nuage. Yes !!! Pas de soucis !!! Le retour est un pure plaisir bien que les tendons des poignets commencent à se faire sentir. Je profite du paysage exceptionnel comme jamais. Lorsque je pose sur la plage (mal... peu de vent, sans doute aussi la fatigue, je ne pousse pas assez, du coup le nez de mon aile percute les galets pour la première fois sur cette île...) Laurent me pose quelques questions. Il a volé 2 heures entre le déco et la première partie de la falaise. Lorsqu'il apprend que je suis allé jusqu'au bout de l'île il n'en revient pas. "J'avais trop la chiasse" dit-il. Je lui réponds qu'en 3h30 j'ai eu le temps de prendre confiance.

Voila. Il ne restait plus qu'à plier court et emballer nos ailes sous plusieurs couches de plastique à bulles pour prendre l'avion. En résumé je dirais que Lanzarote est le paradis du deltiste, mais qu'il doit déjà avoir une petite maîtrise de son aile pour certains décos. Qu'il y fait presque toujours beau et volable, mais qu'une des deux semaines nous n'avons volé que deux jours. Que lorsque ça vole pas, il y a plein de choses à faire. Les photos sont sur mon album @ vole.ch, et pour les vidéos (4 très courts métrages) vous pouvez aller sur : youtube.com/vulcainole. Au fait, si vous avez été attentifs au bletzage de mon bord d'attaque, je cherche une nouvelle aile...

Daniel Gross

 
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